Hôpital du Jura
Dulzura Rodriguez 3

Travailler derrière une machine : ce n'est pas pour moi !

Madame Rodriguez, vous avez donc toujours travaillé avec des personnes âgées ?
 
Oui, j'ai commencé dans l'ancien bâtiment, au P1. C'était à l'époque des personnes plutôt indépendantes. C'était très différent, beaucoup de ces personnes n'avaient pas de famille. Elles venaient du monde de la paysannerie et certaines ne savaient pas ce qu'était un lit.
On travaillait alors avec les soeurs. Il y avait une soeur infirmière et nous, les aides, nous faisions alors beaucoup plus de choses qu'aujourd'hui. ça a énormément changé.
 
Pourquoi ce travail auprès des personnes âgées ?
 
Au départ, ma maman travaillait déjà dans ce domaine et elle a demandé s'il y avait une place pour moi. C'est comme ça que j'ai commencé. J'ai appris sur le tas. Ensuite, j'ai suivi différentes formations. Et ça m'a plû puisque j'y suis depuis 34 ans. J'aime les contacts avec ces personnes âgées. Elles ont beaucoup à nous apprendre. Ce sont nos anciens ! Il faut les respecter. Je ne me vois pas travailler derrière une machine à fabriquer des pièces.

C'est pourtant un métier lourd, aide infirmière ?

Oui, c'est vrai. Mais nous faisons attention et surtout nous nous entraidons. Nous travaillons en équipe. Dès qu'on ne peut pas faire quelque chose, on appelle à l'aide. J'ai toujours fonctionné comme ça et ça marche.

Il y a aussi l'attachement au résident dans un milieu où la mort est très présente ?

Je me rappelle très bien du premier décès auquel j'ai été confrontée. J'étais triste... j'ai beaucoup pleuré. Je me suis dit, ce n'est pas possible si chaque fois qu'un résident s'en va je le vis comme ça, ça ne va pas aller. Alors j'ai appris à mettre des barrières. Je les aime bien, mais on doit apprendre à les laisser partir. ça s'apprend. J'aime mis du temps. C'est normal qu'on s'y attache, nous avons aussi des coups de coeur pour certaines personnes, mais on doit aussi apprendre à mettre des limites.  

Maintenant, vous travaillez dans une section UVP, comment ça se passe ?

Oui, c'est une nouvelle découverte depuis le déménagement dans le nouveau bâtiment de la Résidence La Promenade. C'est vrai que j'appréhendais. J'avais peur de ne pas savoir faire, de ne pas savoir les prendre. Mais je me suis très bien adaptée et ça se passe bien.

C'est toute une autre approche. Il y a des jours où les personnes sont bien et d'autres où elles sont moins bien. Il y a moins de contacts, mais elles nous apportent quelque chose. On discute moins, mais ça passe par le regard, par une caresse. C'est une autre approche.

Et le nouveau bâtiment ?

Il y a de l'espace et une belle luminosité. J'apprécie beaucoup. Les résidents peuvent vraiment se déplacer. Il y a notamment un nouveau patio pour les résidents de la section UVP. Ils apprécient et vont volontiers profiter du soleil.

 

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