Hôpital du Jura
Bandeau musicothérapie

Ces notes qui font du bien au corps et à l'âme !

Une séance de musicothérapie débute à l’UHP (Unité Hospitalière de Psychogériatrie) sur le site de l'H-JU à Porrentruy. Josette Lovis accueille les participants avec un petit mot pour chacun. Certaines personnes âgées sont volubiles et joyeuses, d’autres ont le visage fermé. Comme chaque semaine, la séance commence par la chanson du bonjour. Une façon originale de souhaiter la bienvenue à chacune, à chacun en l’appelant par son prénom. C’est un rituel qui touche beaucoup les participants, parce qu’ils se sentent reconnus. Petit à petit les sourires se dessinent ou du moins les traits se détendent, les mains se mettent à battre la mesure ou à taper sur un instrument. La musicothérapie fait son oeuvre : elle permet de faire sortir pour un temps les personnes de l’emprisonnement de leur maladie ou de leur dépression.

Josette Lovis, dès le début de la séance, on sent énormément d’émotion. Puis à travers les échanges, il y a des choses très profondes qui sont dites ?

Une dame a vraiment pleuré aujourd’hui avec la musique du bonjour. Dans cette chanson, on s’adresse directement à chacune, à chacun et ça les touche. La musicothérapie fait très souvent ressortir les émotions. Et du coup, il y a de l’empathie dans le groupe, avec beaucoup d’interactions entre les participants. C’est pour cela que j’apprécie ce travail en groupe. On voit sur le visage de certains participants qu’ils sont heureux de venir chaque semaine.

Certaines personnes âgées sont seules et souffrent de dépression. Avec certaines, je travaille avec des bols que je pose sur elles ou avec un gong. Ces sons enveloppent, calment et apaisent. Avec les personnes qui ont un passé de 80 ans et plus, il est difficile d’entrer dans une thérapie. Donc soit avec le chant, avec la voix, les sons ou les vibrations des bols, on arrive à les apaiser. On ne peut pas commencer une thérapie très profonde, mais il y a des moments où elles peuvent exprimer leurs émotions, leurs inquiétudes par rapport à leur future entrée en EMS par exemple.
 
Dans toute cette démarche, la spiritualité est très importante. J’ai d’ailleurs suivi une formation de 12 modules avec Rosette Poletti pour les personnes en fin de vie, pour aider les gens à s’en aller de la manière la plus sereine possible.

Au départ, comment les personnes réagissent-elles à la musique ?

Il y a un échange avec tout un chacun grâce à la musique. Au début de la séance certaines personnes sont très fermées et à la fin, elles esquissent un léger sourire. Et c’est le premier but de la séance: la détente, le maintien des acquis, de la mémoire. J’ai proposé par exemple la chanson « A la Claire Fontaine » dont elles connaissent la mélodie et j’ai apporté des variations. Ces personnes âgées sont capables de faire cet apprentissage de changer les paroles. Au Québec, ils reprenaient cette chanson avec les paroles originelles, mais en modifiant la mélodie. Ca favorise par exemple le maintien de la mémoire.
Même si elles ne connaissent pas les instruments, on voit que certaines personnes s’épanouissent avec un instrument, par exemple un tambourin. Durant cette séance c'était manifeste : un monsieur rayonne vraiment, même après la séance il reste rayonnant. Ca m’intéresse de maintenir leurs capacités au niveau cognitif, de maintenir ce qui leur reste.

Les personnes réagissent-elles toujours aussi bien ?

Pas toujours avec autant de dynamisme. C’est parfois plus calme. ça dépend aussi de l’état des personnes, certaines souffrent d’une démence d’Alzheimer légère ou plus profonde.
Mais c’est parfois surprenant: j’ai vu des personnes qui souffraient d’une démence d’Alzheimer, qui ne reconnaissaient plus leurs enfants et dès que je commençais à jouer du piano, elles étaient dans le tempo. Et il n’y avait plus que cette communication-là qui passait entre nous. L’échange de la musique, le visage rayonnant, un grand sourire.

Certaines personnes arrivent très angoissées. Avec la présence des autres participants, les instruments, elles se sentent oppressées. Après quelques séances individuelles et avec la médication, elles finissent par se sentir mieux et peuvent venir en groupe. Mais c’est à moi de voir si la musicothérapie est adaptée à leur situation.

D’autres personnes ne supportent carrément pas la musicothérapie au départ, tellement c’est émotionnellement prenant. J’adapte mes séances aux besoins de la personne. Parfois je sors avec certaines marcher dans la nature, on va écouter les oiseaux, chanter dans la nature. Même si on dit que la musicothérapie est une thérapie non verbale, il y a aussi parfois un fort besoin de parler. Une dame m’a dit au départ « j’ai besoin de vider mon coeur » et c’est seulement ensuite que nous avons commencé le travail avec la musique. Je suis à l’écoute des gens, je suis là pour proposer et pas pour imposer.

Quand vous avez introduit la musicothérapie à l’H-JU, est-ce qu’elle a été bien acceptée ?

Oui, j’ai commencé à 20% en 2001, puis à 40%. Tout le monde était très ouvert. C’est d’ailleurs le Docteur Clavijo qui était l’initiateur de ce projet et la musicothérapie s’est intégrée petit à petit. Il a fallu que les collègues découvrent de quoi il s’agissait. Mais cela s’est très bien passé. On collabore très bien avec les autres thérapeutes et c’est réjouissant d’avoir un réseau, ça fait partie de la vie de l’institution. Aujourd’hui certains me disent « Ah, vous avez le plus beau métier du monde » et c’est vrai !

 

Musicothérapie 1
Musicothérapie 1

Josette Lovis musicothérapeute
Josette Lovis musicothérapeute

Musicothérapie
Musicothérapie

Musicothérapie 3
Musicothérapie 3

Musicothérapie, Josette Lovis
Musicothérapie, Josette Lovis

Musicothérapie 2
Musicothérapie 2

Musicothérapie 4
Musicothérapie 4

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