Hôpital du Jura

Manœuvres financières, vraiment?

Quand la presse dominicale découvre les taux d’intérêts négatifs 
et reproche aux hôpitaux publics d’emprunter à bon compte.

 

Méconnaissance économique, soif de scoop et ignorance du contexte hospitalier… il est consternant de lire des élucubrations comme hier dans un journal dominical. « L’H-JU profite des intérêts négatifs pour emprunter 5 millions » ou encore « L’Hôpital du Jura emprunte à bon compte ». Ce sont les phrases choc utilisées dans ce journal ou sur sa manchette.

C’est un fait, une entreprise sollicite parfois des emprunts à court, moyen et long terme. La gestion des débiteurs et les besoins de liquidités nécessitent à certains moments de rechercher un emprunt à très court terme. Rien d’étonnant à cela et encore moins à ce que l’H-JU profite de taux d’intérêts négatifs sur 3 mois, au même titre que certains cantons ou certaines communes.

Les hôpitaux, comme le veut la LAMal depuis 2012, doivent assumer seuls leurs investissements, ils doivent faire face à la concurrence du marché et répondre à une logique entrepreneuriale. Leur but n’est pas pour autant de faire des bénéfices, mais de dégager des revenus pour couvrir leurs coûts et suffisamment d’excédents pour entretenir leurs bâtiments, pour investir dans les infrastructures et développer leur offre en fonction des besoins réels de la population. Il est vrai que l’H-JU reçoit des PIG, les prestations d’intérêt général, soit la participation cantonale (principalement pour maintenir des capacités hospitalières pour des raisons de politique régionale). Pour l’H-JU, cela représente moins de 4.5% de son budget. Mais le canton n’est pas le garant des pertes de l’H-JU, contrairement à l’exemple genevois cité dans l’article. La comparaison entre HUG et H-JU n’a donc aucune pertinence.

Dans cet article de la presse dominicale, on s’étonne qu’un établissement de droit public puisse emprunter à bon compte, ce qui serait même assimilé à de la spéculation. Avant d’utiliser des termes grandiloquents, il faut en vérifier le sens : spéculation, opération consistant à acheter un bien en vue de réaliser un bénéfice de sa revente ultérieure (définition du Larousse). Assimiler à un acte spéculatif un emprunt à taux fixe pour une durée de trois mois et qui rapporte Frs 416.66 relève soit de l’ignorance, soit de la bêtise. Au contraire, l’H-JU met un point d’honneur à gérer l’argent public de façon éthique et prudente, en faisant recours uniquement à des emprunts à taux fixe et en cherchant des conditions concurrentielles. Nous sommes aux antipodes de la spéculation.

En conclusion, cet article est révélateur : dans l’esprit d’une partie de l’opinion, un hôpital de droit public s’appuie uniquement sur l’Etat, il vit en dehors des règles du marché, il est protégé et n’a besoin d’aucune liberté entrepreneuriale. Cette vision est naïve et dépassée, puisque depuis des années les hôpitaux sont livrés à la concurrence, la part de subventionnement de leur activité est très limitée et pour se démarquer ils doivent développer leur qualité et leur efficience, ainsi que des partenariats avec les autres acteurs de la santé. C’est ce que fait  l’H-JU et il peut se montrer fier de sa bonne gestion.

Olivier Guerdat
Responsable communication de l’H-JU

Delémont, le 16 avril 2018